
À 54 ans, Xavier Valentin a connu un parcours atypique. Après avoir trouvé son premier crâne de crocodile à l’âge de 12 ans dans la carrière d’argile de Saint André, à Marseille, son intérêt pour la paléontologie n’a cessé de croître au gré de ses destinations, activités sociales et personnelles.
De 1980 à 1984, il devient notamment membre de l’Association des naturalistes de Nice. Puis, de 1985 à 1989, il rejoint l’Association de minéralogie et paléontologie de Vitrolles.
Alors qu’il entame une carrière militaire de 1990 à 1996, il fait l’expérience de missions au Gabon, au Tchad et au Rwanda. Ces séjours lui ont permis d’acquérir une grande autonomie en milieux extrêmes et de développer une expérience d’homme de terrain assurant la logistique dans un souci d’efficacité et de rendement.
Il a notamment découvert lors de ses permissions en 1992, le gisement fossilifère à restes de dinosaures du Crétacé supérieur de Velaux-La Bastide Neuve (Bouches du Rhône) et rencontré les paléontologues qui allaient le former.
C’est ainsi que Xavier Valentin a assis ses connaissances notamment en ostéologie avec un savoir-faire dans les traitements paléontologiques que ce soit le dégagement des fossiles ou la réalisation de moulages.
En outre, de 1994 à 1996, il devient collaborateur de l’association Rhinopolis à Gannat ; de 1994 à 1996, il intègre le Groupe géologique du Narbonnais ; de 1992 à 1997, il endosse le rôle de prospecteur et collaborateur avec le Musée des dinosaures à Espéraza. Enfin, de 2002 à 2012, il fonde et devient membre du bureau de l’Association de recherche paléontologique du Var.
De la sorte, il a décroché son premier poste au Musée Parc des dinosaures, à Mèze de 1998 à 1999. Par la suite, au Muséum d’Histoire Naturelle d’Aix-en-Provence, il encadre durant six mois une fouille de sauvetage de 3000 m2 afin d’extraire des nids d’œufs de dinosaures localisés en plein centre-ville, en collaboration avec le Service Archéologique de la commune et de l’INRAP.

Repéré pour ses capacités naturelles dans ce domaine, il obtient son poste en 2000 de technicien en paléontologie à l’Université de Poitiers comme mouleur au sein de l’Institut de Paléoprimatologie et Paléontologie Humaine : Evolution et Paléo-environnements.
Depuis les découvertes majeures effectuées par cette unité sur les anthropoïdes et les hominidés (dont Abel et Toumaï) dont le laboratoire se nomme actuellement Palévoprim aujourd’hui, ses activités socio-professionnelles d’Ingénieur et son quotidien se portent sur la formation des étudiants (encadrement pédagogique de master et thèse), la coordination logistique et l’encadrement des chantiers de fouilles, l’expertise de traitements et de collecte de fossiles sur le terrain dans différentes régions du monde : dans le désert du Djourab au Tchad, dans l’Erg du Murzuk et Al Koufra en Lybie, à Wadi Natron en Egypte, à Zegdou en Algérie, à Dchang au Cameroun, à Paudong et Irrawady en Bimanie, à Ouarzazat au Maroc, à Thessalonique et Dafnéro en Grèce et enfin sur l’Île du roi Georges en Antarctique.
On lui doit à ce titre des découvertes significatives dont le bassin complet d’un dinosaure ankylosaure, le Struthiosaurus languedociensis de Villeveyrac (34). Il est également co-découvreur de nouveaux dinosaures de Velaux (13) dont Astinganosaurus velauxiensis, Garrigatitan meridionalis et Matheronodon provincialis.
En 2014, lors des travaux d’aménagements de la LGV, il découvre de rares plumes de dinosaures de type Vélociraptor près de Poitiers, et plus récemment, en 2018, le gisement continental de Persac d’âge Albo-Cénomanien, le seul connu en Europe et d’une importance scientifique majeure.

Cités dans les remerciements de nombreuses publications scientifiques et livres (Dinosaures de France, Dinosaures et autres reptiles en Languedoc, D’Abel à Toumaï, chercheur d’os…) et dédicaces de nouvelles espèces (Valentinella vitrolense et Howellictis valentini), il axe son activité de recherche sur la compréhension des milieux aquatiques. Son activité scientifique à ce jour totalise en tant que co-auteurs 67 publications dans des revues de rang A et 37 communications en congrès.

En aparté, Xavier Valentin déplore qu’il « est plus facile de chercher et de découvrir en paléontologie que de trouver des financements pour les missions. »
C’est pourquoi il a décidé de monter une association de recherche en paléontologie dénommée PALAIOS. Son siège est situé au 15-17 rue de l’Aumônerie 86300 Valdivienne .
« Nous faisons appel aux donateurs pour continuer nos fouilles chaque année, et tous les week-ends afin de valoriser ce patrimoine géologique particulier à travers notre site de fouilles de Persac, unique en Europe », conclut-il. À bon entendeur…
